Prologue ou Histoire de la fille qui ratait tout

Je ressens le besoin d'écrire mon histoire, de me raconter, comme si j'avais besoin des mots pour me sortir d'une impasse, d'un mal être, d'une incapacité à aller de l'avant. J'ai l'impression d'avoir fini un cycle, d'avoir bouclé une boucle, et d'en avoir saisi le mécanisme, de cette boucle, comme un système complexe et bien rodé dont on finit par percevoir le fonctionnement.

Et à trente ans – trente deux exactement – je crois que je peux le dire, j'en suis là, à ce moment de ma vie où je commence à comprendre mon fonctionnement. J'ai découvert qui j'étais : la fille qui rate tout.

mardi 18 décembre 2012

Seule au milieu des autres

Je me sens seule, au milieu des autres. Je me suis toujours sentie ainsi. Même entourée, seule. Je ne me connecte pas. J'écoute, je comprends, je réagis, mais avec mon cerveau cortical, ma raison. Je donne le change, je souris, je suis drôle même parfois, mais avec maîtrise, raison, prudence. D'où ça me vient ? Je ne saurais trop dire et pourtant je vais vous l'dire (comme dirait l'autre). Je crois bien que j'ai assimilé très tôt le commandement numéro un dans la famille : «  fais pas trop de vagues, fonds-toi dans la masse, te fais pas remarquer... (à décliner sous bien d'autres formes) » Vous avez compris le concept. Et à force de me demander si je me fais pas trop remarquer, si je me fonds bien dans la masse, ben c'est devenu un automatisme. Je suis apparemment « assimilée », intégrée, sociabilisée, mais pourtant si asociale, si revêche, si peu « corporate », à l'intérieur de moi. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'avec le temps, mes émotions ont réussi à franchir le barrage imposé par mon cortex. Les émotions se sont fait la malle, jusqu'à vouloir sortir de moi, carrément. Et du coup, j'ai lutté et inconsciemment, je lutte encore contre elles. Car comme un message subliminal, en arrière-plan, il y a ce commandement suprême : Fonds-toi dans la masse. Un « fonds-toi dans la masse », ça fait drôlement réfléchir… Qu'est-ce qui fait qu'on apprivoise nos émotions si ce n'est en se faisant remarquer, justement ? Si on ne se fait jamais remarquer, alors on devient morne, terne, sans émotions… On devient ces êtres qui rentrent toujours leurs émotions en eux, livides, inertes, repoussants, en somme. Et pourtant, c'est cet être livide et repoussant que l'on veut démultiplier, avec le principe Ne te fais pas remarquer, cet être qui refoule ses émotions, parce qu'une émotion, c'est la spontanéité, et la spontanéité, ce n'est pas à proprement parler « gérable ». C'est le grand paradoxe de l'affaire. On regarde les autres, on juge, on se juge et on apprend à se comporter « comme », en refoulant assez nos émotions pour « ne pas se faire remarquer »… Et pourtant, n'est-ce pas ceux qui laissent s'exprimer leurs émotions sans en avoir peur qui sont si attirants, si charismatiques, si « remarquables » (on y revient). Ne te fais pas remarquer, mais deviens remarquable. Il y a un truc qui cloche, non ?
 
J'ai donc nourri une grande peur de mes émotions. Du coup, maintenant, je suis entourée, mais seule. Je maîtrise mon cerveau limbique parce que j'ai peur de mes émotions, et cette maîtrise me tue… CQFD. Apprivoiser ses émotions ne se fait pas dans le comme tout le monde-dans le trou de la souricière-pas de vagues et j'en passe, il faudrait au contraire encourager à se faire remarquer, à montrer ses émotions, à jouer avec pour les apprivoiser doucement et que ce ne soit pas à 30 ans que celles-ci, trop longtemps étouffées vous déchirent les entrailles parce qu'elles veulent s'exprimer, mais qu'il est bien difficile alors de le faire dans la douceur et la tempérance.
 
Voilà pourquoi à présent je voudrais séduire la Terre entière et pourquoi je me mets en colère à la moindre frustration, entraînant parfois des suites regrettables. Je ne veux plus gérer mes émotions et pourtant, il y a ce conditionnement qui marche à plein régime. C'est à présent mon paradoxe à moi, il ne m'est pas imposé celui-là, c'est moi qui l'ai construit, mais comme je le regrette…
 
C'est pour ça que je me sens seule au milieu des autres et que la foule et son bouillonnement émotionnel ne m'attire pas.

10 commentaires:

  1. culpabilise pas trop, ont est peut être des millions dans ton cas, homme et femme, surtout vers la trentaine ou on sent que tout s'accélère, avec la pression social, qui nous dis soit disant qu’on doit être au top. j’ ai Souvent l’impression d’être un fantôme, une ombre au milieu de zombie

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    1. Oui, Zombiland, c'est ça qui guette...

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  2. CC toi !! Même commentaire qu hier , allez hop ! Je me reconnais dans tes ressentis ! Reconnaissais du moins. J ai passé le cap que tu traverse aujourd hui.. Car c'est un cap.. Un vrai cap. !! Comme le cap Horn, pour passer d une rive à l autre.. Regardes sur la carte. Oui Seule. Ca pique hein ?? Sourire.. Ca pique d' être un Individu. UN- dividu. 1 - Dividu. UN.. UNE... seul seule... Complet . Complete... Les z'ôtres ont peut vraiment les comprendre qu 'ils aient plutot envie de se retrouver devant la télé, ds les clubs dans les tout ce que tu veux car intérieurement, inconsciemment ils savent ou devinent que lorsque que l on s engage vers le chemin le moins fréquenté qui amène vers soi même ben on prends cher grave !! sourire

    Tiens bon la barre Cap'tain LFQRT !!!

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  3. Oui Moussaillon ! :-)
    J'la tiens bien la barre, mais qu'est-ce que ça tire !!! (pas d'allusion douteuse car il n'y a pas lieu ;-) ) J'vais l'passer mon cap, si je me prends pas un rocher avant... Je tiens bon... Puisque tu es passé par là, alors c'est que c'est possible !!! (Houlà, ça déferle de partout, mais j'ai la situation bien en main... (comme disait la pub pour le fromage) enfin presque)

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  4. Oui tiens bon la barre même si ça tire !! lol.. Il ne faut certes pas confondre ça branle dans le manche et branler le manche ! Rire.. Digressions z'oblongues...
    Oui tu passes ton cap.. Et ensuite ?? Promesse d' un paradis ? Des eaux plus calmes certes, bleues, transparentes, des z'îles paradisiaks !! Il fait plus chaud aussi, ton corps et ton âme s' offrent plus à l' ENERGIE solaire...Un monde nouveau.. Mais attention, les gentils z'indiens qui t ' acceuillent sur la berge peuvent aussi être des canibales !! Il te faudrat apprendre... Mais tu seras au plus près de Toi !

    Demain annonce de la fin du monde sur toutes les chaines je suppose qui nous font oublier la faim dans le monde..
    Woooaa Kecébossaenplussédemoa!!

    Have a good day !!!

    Stéphane

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  5. Eh bé Stéphane ! Je sais pas si c'est l'effet fin du monde, mais ton message est brûlant : branler le manche... il fait chaud... ton corps et ton âme s'offrent... Waouh, je sais pas si c'est en territoire indien, mais c'est tentant... lol

    Oh et puis, demain c'est la fin du Monde, alors, on peut bien s'faire plaisir !!! ;-)

    Have a good day TOO !!

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    1. Je découvre ta réponse...

      Sourire

      CépasskejallèrencontrémonAMEoureuse.

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  6. L'AMEoureuse sourit : On a déjà évoqué bien des fois en 4 ans ces caps à franchir. Mon Ame Stéphane évoque le Cap Horn tandis que moi je suis plutôt Détroit de Gibraltar. Nous avons chacun notre géographie des émotions !...

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    1. C'est amusant ça, tu es l'amie de Stéphane ? Si c'est le cas, bienvenue... ;-) et même si ça ne l'est pas.

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  7. Merci ! Oui c'est bien le cas...je suis son amoureuse. C'est lui qui m'a parlé des comms qu'il avait laissé sur ton blog. J'ai moi-même eu plusieurs blogs mais c'est fini. Je continue juste d'écrire quelques articles sur facebook, où je sélectionne les lecteurs parmi mes proches et de mes amis.

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